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Vivre plus sainement?

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Obésité: que sait la Suisse et quelle est l’ampleur de la stigmatisation?

Le surpoids et l’obésité sont également des sujets importants en Suisse. Notre étude menée à l’échelle de la Suisse montre toutefois que la population n’est que peu informée à ce sujet et qu’elle ne s’y intéresse généralement pas activement. En outre, la stigmatisation est très répandue, ce qui est alarmant.

L’étude en bref
  • Source des données: panel Internet YouGov comptant 115 000 membres actifs validés
  • Taille de l’échantillon: 1501 personnes interrogées
  • Population: population suisse, de 18 à 79 ans
  • Période d’enquête: du 17 novembre au 28 novembre 2025

Voir les informations clés de l’étude 

Selon l’Enquête suisse sur la santé 2022 de l’Office fédéral de la statistique, 43% de la population suisse âgée de 15 ans et plus est en situation de surpoids (31%) ou d’obésité (12%).  Dans quelle mesure la population suisse est-elle bien informée sur ces sujets? Quelle est l’ampleur de la stigmatisation liée au poids corporel? Nous avons interrogé la population suisse.

La population suisse est-elle bien informée sur l’obésité?

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Ce que la Suisse sait sur l’obésité

Une part de 85% des personnes interrogées a déjà entendu ou lu le terme «obésité». Les femmes sont un peu mieux informées que les hommes (91% contre 82%). Les jeunes adultes âgés de 18 à 29 ans sont ceux qui connaissent le moins ce terme.

Dans ce contexte, que savent les gens de la signification de l’obésité? Seule la moitié environ des personnes qui connaissent ce terme indiquent savoir à partir de quel indice de masse corporelle (IMC) commence l’obésité. Toutefois, seule la moitié de ce groupe, soit un peu moins de 23% de toutes les personnes interrogées, parvient à le situer correctement. Cette part est certes un peu plus élevée chez les personnes concernées, mais il y a là aussi des lacunes dans les connaissances. Cela n’est toutefois pas surprenant si l’on considère le comportement de la population en matière d’information à ce sujet.

Près d’un quart de la population suisse ne manifeste actuellement aucun intérêt actif pour le thème de l’obésité, et même parmi les personnes en souffrant, ce chiffre atteint 20%. Seulement un tiers environ des personnes interrogées déclarent s’intéresser activement à ce sujet. En revanche, près de la moitié ne consulte les informations à ce sujet que lorsqu’elles tombent sur elles par hasard. Il s’agit d’une occasion de promouvoir davantage l’intérêt et la sensibilisation aux aspects vitaux de l’obésité.

Pour la proportion de la population qui s’intéresse activement aux thèmes de la gestion du poids et de l’obésité, la source d’information la plus utilisée est Internet (35%), tandis que seuls 7% ont recours à l’IA telle que ChatGPT. Les personnes souffrant d’obésité recourent davantage à des professionnels de la santé, en particulier des médecins de famille, des diététiciens et des spécialistes. Les réseaux sociaux sont particulièrement appréciés par le groupe d’âge le plus jeune (18-29 ans), tandis que les revues et magazines sont principalement utilisés par la génération plus âgée (60-79 ans).

Quel est le niveau de confiance dans les différentes sources d’information? La confiance dans les spécialistes, les médecins et les diététiciens est la plus élevée. La littérature spécialisée et les livres sont considérés comme plus dignes de confiance que les revues et les magazines. Les réseaux sociaux arrivent en fin de liste avec seulement 9% de confiance. Les personnes interrogées sont également critiques vis-à-vis de l’intelligence artificielle, mais avec une part de 18%, la confiance est déjà nettement plus élevée que dans les médias sociaux.

Confiance vs utilisation

Fait marquant: 83% des personnes interrogées estiment que les spécialistes sont dignes de confiance. Cependant, seuls 9% utilisent cette source d’information. Pour Internet, c’est l’inverse. Seulement 26% des personnes interrogées déclarent faire confiance à cette source d’information, mais 35% l’utilisent.

Quelle est l’ampleur de la stigmatisation liée au poids en Suisse?

La stigmatisation est très répandue en Suisse. Parmi les personnes interrogées, 76% déclarent avoir été elles-mêmes victimes de discrimination ou de dévalorisation en raison de leur poids corporel, ou du moins en avoir entendu parler.

Ce sont 39% des personnes elles-mêmes en surpoids (IMC supérieur à 25), obèses (IMC supérieur à 30), ou dont un membre de leur famille est touché qui déclarent avoir été défavorisées ou dévalorisées en raison de leur poids. Chez les personnes souffrant uniquement d’obésité (IMC supérieur à 30), cette valeur atteint même 45%. Il est frappant de constater que les jeunes semblent être plus sensibilisés à la question et qu’ils ressentent plus souvent la stigmatisation.

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Où la stigmatisation a-t-elle lieu?

Plus de la moitié des personnes qui ont été victimes de stigmatisation déclarent que celle-ci a eu lieu, entre autres, dans l’espace public. Plus de 43% ont vécu des expériences similaires dans leur environnement professionnel. En outre, 29% des personnes interrogées souffrant d’obésité déclarent avoir été défavorisées ou traitées de manière dévalorisante dans le système de santé, ce qui est nettement plus élevé que dans l’ensemble de la population, où ce pourcentage n’est que de 16%. Certes, la stigmatisation est moins fréquente dans le cercle d’amis (33%) et dans la famille (18%) que dans l’espace public ou dans l’environnement professionnel, mais certaines personnes interrogées ont déjà été désavantagées ou traitées de manière dévalorisante en raison de leur poids.

Témoignages de la population sur la stigmatisation:

  • «Le personnel soignant se moque de moi à l’hôpital aux urgences, mais j’ai tout entendu à travers le rideau.»
  • «Oui, lors du processus de candidature, c’est-à-dire que les femmes ont été ou seront recrutées en fonction de leur apparence»
  • «Dans ma classe d’école primaire, il y avait une fille en surpoids qui se faisait harceler par d’autres.»
  • «Ma mère fait régulièrement des remarques acerbes.»
  • «À la piscine, des gens ont parlé avec mépris d’une femme en surpoids.»
  • «Les places assises à l’université et les trams ne conviennent souvent pas aux personnes en surpoids.»
  • «Les médias évaluent constamment les femmes en fonction de leur corps, on le voit partout.»
  • «Une personne en surpoids est vite considérée comme paresseuse.»
  • «Chez le médecin: perdez d’abord 20 kg, et nous verrons ensuite si une rééducation est nécessaire.»

Qu’est-ce que la stigmatisation déclenche chez les personnes concernées?

La question qui se pose est la suivante: comment les personnes concernées gèrent-elles la stigmatisation? Celle-ci a-t-elle une influence sur sa confiance en soi ou sa volonté d’accepter de l’aide? Parmi les personnes interrogées, 40% ont répondu oui à cette question. Elles sont 39% à penser que la stigmatisation n’affecte pas leur confiance en soi, 21% ne sont pas sûres ou ne veulent pas répondre à la question. Les personnes âgées de 18 à 29 ans sont particulièrement concernées. Parmi elles, la proportion souvent influencée par la stigmatisation est de loin la plus élevée.

Quels sentiments les personnes atteintes associent-elles à leur corps et à leur santé?

La bonne nouvelle: pour la majorité des personnes interrogées qui vivent avec le surpoids ou l’obésité, les sentiments négatifs liés à leur corps ou à leur santé ne sont pas pesants. Pourtant, près d’une personne sur cinq associe des émotions négatives à son propre corps:

  • Stress: 29%
  • Honte: 20%
  • Tristesse: 18%
  • Peur: 13%

(Proportion de personnes qui ont confirmé que le sentiment mentionné dans le rapport avec leur corps est pénible pour elles.)

Ici aussi, on constate que c’est le sous-groupe le plus jeune (18 à 29 ans) qui souffre le plus fortement sur le plan émotionnel. Le stress lié au corps et à la santé est particulièrement pénible pour ces personnes. Dans cette tranche d’âge, 51% considèrent ce sentiment comme pesant.

Alors qu’est-ce qui aiderait toutes les personnes concernées à mieux gérer ces contraintes psychiques? Une personne sur trois indique ici ne pas être en mesure d’en juger. Pour le reste, il apparaît que les professionnels sont plus pertinents que les échanges avec des personnes partageant les mêmes idées. Les coachings et les thérapies sont nettement plus souvent cités en tant que mesures possibles que les groupes d’entraide et les offres en ligne anonymes.

Comment réduire la stigmatisation?

L’enquête le montre: la stigmatisation est très répandue et a des conséquences négatives chez les personnes concernées. Par conséquent, comment peut-on réduire ce désavantage ou ce traitement dévalorisant lié au poids? Les personnes interrogées voient des approches claires:

  • Plus de la moitié se prononce en faveur d’une plus grande sensibilisation dans les écoles.
  • Près d’un tiers des personnes interrogées considèrent les campagnes d’information et d’explication comme une mesure judicieuse.
  • Près d’un quart des personnes interrogées estiment qu’il est important de sensibiliser les entreprises.

Les personnes souffrant d’obésité miseraient davantage sur les formations destinées aux professionnels de la santé que le reste de la population – un domaine dans lequel elles ont été plus souvent stigmatisées.

Conclusion et incitation

Les résultats de l’étude montrent clairement que l’obésité reste un sujet fortement stigmatisé au sein de la population suisse, alors qu’il existe des lacunes dans les connaissances et un manque d’intérêt. C’est pourquoi il est temps de sensibiliser la société à l’obésité et d’éliminer les préjugés. Chacun d’entre nous peut contribuer à éviter la stigmatisation, que ce soit en adoptant un comportement respectueux, en renonçant à tout commentaire dévalorisant ou en étant disposé à s’informer sur les tenants et aboutissants de l’obésité.

Source: YouGov Suisse 2025 © Tous droits réservés

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Vers le dossier

de Lara Brunner,

publié le 25.02.2026


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