Vous avez l’impression que vos jambes sont légères et que vous courez tout seul, sans effort. C’est le rêve de tout joggeur assidu. Mais comment atteindre cet état, appelé «runner’s high», et que se passe-t-il dans le corps?
Bien que le runner’s high soit le plus souvent ressenti lors d’une course à pied, il peut en principe se produire lors d’autres sports d’endurance comme le vélo.
«Le runner’s high est un sentiment d’euphorie qui peut survenir en particulier lors de courses de longue distance», explique Hardy Hartmut Hüttemann, directeur de Medbase Basel Hauwaage. Il décrit un état dans lequel la course semble ne plus demander aucun effort, comme si des réserves d’énergie apparemment inépuisables étaient libérées – on a l’impression de pouvoir courir à l’infini. La sensation du runner’s high varie d’un coureur à l’autre, mais elle est souvent associée à une grande satisfaction intérieure et à une clarté d’esprit, alors que la fatigue physique et même la douleur sont à peine perceptibles.
Le Runner’s High est le résultat de processus biochimiques qui se produisent dans le corps. On a longtemps cru que les endorphines – les hormones du bonheur – étaient responsables de ce sentiment. En effet, elles sont produites en plus grande quantité lors de la pratique d’un sport, ont un effet analgésique et sont associées à un bien-être accru. Toutefois, il est apparu que les endorphines sont certes libérées dans le sang, mais qu’elles ne peuvent pas traverser la barrière hémato-encéphalique. Elles ne peuvent donc pas agir directement dans le cerveau.
Des recherches récentes ont montré que les endocannabinoïdes étaient la cause principale du Runner’s High. Ces substances naturelles sont produites dans le corps lors de la course à pied et se fixent sur les mêmes récepteurs dans le cerveau que le THC, le principe actif psychoactif du cannabis. Cela provoque un état d’euphorie, appelé «high», qui s’accompagne d’une sensation de bien-être, d’une insensibilité à la douleur et d’une sensation de légèreté. «Le Runner’s High n’est pas dangereux en soi. Toutefois, il existe un risque de dépendance, et si vous ne courez pas régulièrement, vous pouvez ressentir des symptômes de sevrage ou des états dépressifs si vous ne ressentez pas le Runner’s High. De plus, nous avons moins conscience de notre corps lorsque nous sommes dans cet état, ce qui peut entraîner des surcharges structurelles et des accidents», ajoute le spécialiste.
Le Runner’s High et le flow sont deux phénomènes distincts qui peuvent sembler similaires, mais qui ont des causes et des caractéristiques différentes. Le Runner’s High est une réaction directe du corps, tandis que le flow est le résultat de l’harmonie entre l’esprit et l’action. Les deux états peuvent donner l’impression d’être complètement immergé dans le moment présent, sans effort.
Le «Runner’s High» est un état physiologique provoqué par des processus biochimiques dans le corps, notamment par la libération de divers neurotransmetteurs qui ont un effet analgésique et qui survient généralement de manière soudaine. Il est fortement associé à l’activité physique et à l’endurance et se manifeste souvent par un sentiment d’euphorie et de légèreté.
Le flow est un concept mental et neurobiologique qui se produit lorsque vous vous sentez en harmonie avec une tâche et avec vos capacités. Le flow apparaît généralement de manière progressive et constante et dépend moins des processus physiques que de la concentration mentale et de la perception de la difficulté et du contrôle.
La possibilité d’atteindre le Runner’s High et la manière de le faire dépendent de différents facteurs individuels:
«Si le Runner’s High ne vient pas, il est important de rester patient et de ne pas se crisper», souligne le médecin spécialiste en médecine physique et en réadaptation. «Ce phénomène est individuel et dépend de nombreux facteurs, comme la condition physique, l’intensité de l’entraînement et les processus biochimiques dans le corps. Il y a de nombreux coureurs qui, malgré un entraînement régulier et intensif, ne peuvent jamais parler d’un Runner’s High.»
Au lieu de se focaliser uniquement sur l’atteinte du Runner’s High, il est préférable d’apprécier les effets positifs de la course sur le bien-être émotionnel et physique. Le Flow State est un état plus facile à atteindre, qui, bien qu’il ne procure pas d’euphorie, est plus facile à contrôler. En outre, même en dehors du Flow State et du Runner’s High, la course à pied favorise la santé, réduit le stress, améliore la clarté d’esprit et élève le moral.